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substances recherchées

 

Généralités sur les substances recherchées: données sanitaires.

Il existe de multiples substances pouvant contaminer nos aliments.

Dans notre enquête nous avons ciblé les substances chimiques les plus communément recherchées (ou celles qui pose le plus de questions d’un point de vue sanitaire). Vous trouverez ci-dessous une présentation rapide de chacune de ces familles de produits.

Pour obtenir des conseils sur comment éviter ces molécules et avoir des informations pour aller plus loin,rendez-vous ici.

Pesticides

Les pesticides, parfois appelés produits phytosanitaires ou phytopharmaceutiques, ou produits de protection des plantes, sont utilisés en agriculture pour se débarrasser d’insectes ravageurs (insecticides), de maladies causées par des champignons (fongicides) et/ou d’herbes concurrentes (les herbicides) etc.

Un produit pesticide est composé d’un principe actif (matière active recherchée pour les contrôles alimentaires) d’origine naturelle ou synthétique. Les pesticides commercialisés (ou spécialités commerciales) sont composés d’une ou plusieurs matières actives auxquelles ont a ajouté d’autres substances : produits de dilution, surfactants, synergisants… afin d’améliorer leur efficacité et de faciliter leur emploi.

Les pesticides dans la chaîne alimentaire en France

En France, c’est la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) qui s’occupe d’effectuer les analyses de résidus de pesticides des aliments.  Concernant les résultats du plan de surveillance des fruits et légumes (3 430 échantillons) de l’année 2008 (paru en 2010), 43,8 % des échantillons contenaient des résidus. 4 % des fruits et légumes analysés ne respectaient pas la réglementation (dépassement de la Limite Maximale en Résidus).

Parmi les fruits, 59 % des échantillons contiennent des résidus de pesticides et en moyenne 3,9 % sont non conformes. Les dépassements concernent essentiellement les raisins de table, les poires, les cerises, les pommes et les kiwis. À l’inverse, les oranges, les fraises, les avocats et les bananes ont un taux de dépassement de la LMR inférieur à la moyenne des dépassements (en ne considérant que les fruits pour lesquels le nombre d’échantillons analysés est représentatif).

Quant aux légumes, près de 30% contiennent des résidus de pesticides et en moyenne 4,1 % des légumes présentent des dépassements de LMR. Les dépassements concernent essentiellement les poivrons et piments, les céleris branches, les navets, le persil, les laitues et les épinards. À l’inverse, les concombres, les tomates et les pommes de terre ont un taux de dépassement de la LMR inférieur à la moyenne des dépassements (en ne considérant que les légumes pour lesquels le nombre d’échantillons analysés est représentatif).

Les céréales et les produits céréaliers présentent 2,6 % de non conformités sur 352 échantillons. 1,5 % de non conformités ont été constatés sur les produits transformés.

Pesticides dans l’agriculture en France

La présence de niveaux élevés de résidus de pesticides dans la chaîne alimentaire est le résultat direct de la dépendance aux pesticides de l'agriculture conventionnelle. Chaque année, près de 70 000 tonnes de pesticides sont annuellement épandus en France.    

Données sanitaires et environnementales

Malheureusement la pulvérisation de ces pesticides n’est pas sans conséquence sur notre environnement et notre santé.

Pour plus d'informations rendez-vous sur http://www.generations-futures.com dossier pesticides ainsi que le site http://victimes-pesticides.fr

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Additifs, arômes et colorants alimentaires

De manière générale, l'additif alimentaire est une substance chimique qu'on ajoute à l'aliment pendant sa fabrication ou sa transformation, qui s'intègre à celui-ci ou en modifie les caractéristiques, comme la couleur ou la texture. Certains additifs alimentaires sont dérivés de sources naturelles, tandis que d'autres sont synthétiques.
Les additifs sont des substances qui, ajoutées en petite quantité, permettent notamment :

  • d'aider à la conservation en empêchant la présence et le développement de microorganismes indésirables (par exemple : moisissures ou bactéries responsables d'intoxications alimentaires) : on les appelle conservateurs ;
  • d'éviter ou de réduire les phénomènes d'oxydation qui provoquent entre autres le rancissement des matières grasses ou le brunissement des fruits et légumes coupés : on les appelle anti-oxygène ;
  • d'améliorer la présentation ou la tenue, on les appelle agents de texture (émulsifiants, stabilisants, épaississants, gélifiants) ;
  • de rendre aux aliments, de renforcer ou de conférer une coloration : on les appelle colorants ; de renforcer leur goût (exhausteurs de goût).

Un nouvel additif ne peut être utilisé qu'après :

  • avis de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) ;
  • avis du Comité scientifique de l'alimentation humaine, au plan communautaire ;
  • qu'un arrêté d'autorisation, co-signé par les ministres chargés de l'économie, de la santé, de l'agriculture et de l'industrie, en précise les modalités d'emploi (doses et produits dans lesquels il peut être employé).

Les additifs doivent obligatoirement être mentionnés sur l'étiquette des denrées alimentaires :

  • soit en clair (par exemple : "poudre à lever : bicarbonate de sodium") ;
  • soit à l'aide d'un code précédé du nom de la catégorie (par exemple : "colorant E 102 ").

Le code utilisé est fixé au niveau européen. Il se compose de la lettre "E" suivie d'un numéro permettant d'identifier facilement la catégorie. Par exemple :

100 pour les colorants ;
200 pour les conservateurs ;
300 pour les agents anti-oxygène;
400 pour les agents de texture.La « Norme générale Codex pour les additifs alimentaires » (NGAA, Codex STAN 192-1995) stipule les conditions dans lesquelles des additifs alimentaires autorisés peuvent être utilisés dans tous les aliments, qu’ils fassent ou non déjà l’objet d’une norme Codex.

Le cas du BHA ( additif présent dans le chewing-gum)

Le BHA est un additif alimentaire. C’est probablement un antioxydant utilisé largement dans l’industrie alimentaire. Il est notamment présent dans certains chewing-gums. Et est utilisé pour éviter aux matières grasses de rancir. On le trouve dans divers aliments (voir le codex alimentarius).

Quels risques pour notre santé?
Le BHA est un cancérigène possible selon les données du CIRC et un perturbateur endocrinien avéré. Le BHA est difficilement biodégradable et a un haut potentiel de bioaccumulation dans l’environnement.

Autres chimiques dans la chaîne alimentaire>

PCB

Les PCB ou polychlorobiphényles sont des composés aromatiques chlorés également connus, en France, sous le nom de pyralènes. Ces composés ont été utilisés sous forme de mélange dans l'industrie, pour leurs propriétés isolantes (transformateurs électriques) ainsi que pour leur stabilité chimique et physique (encres, peintures). La famille des PCB regroupe 209 molécules également appelés congénères.
On distingue deux types de PCB sur la base de leur mécanisme d'action :
- Les PCB « Dioxin-Like » ou PCB-DL sont capables de se lier au même récepteur cellulaire que les dioxines (Récepteur Ah). Leur mécanisme d'action étant similaire à celui des dioxines, leur toxicité (comme celle des dioxines) est exprimée en facteur d'équivalent toxique par rapport à la toxicité de la TCDD (2,3,7,8-Tétra-Chloro-Dibenzo para-Dioxine) plus communément appelée dioxine de Seveso. Ce sont ces PCB DL que nous avons recherché dans notre étude.
- Les PCB « Non Dioxin-Like » ou PCB-NDL. Ces derniers agissent via un mécanisme d'action différent de celui des dioxines.

Selon l’INVS, les PCB « sont des composés chimiques potentiellement dangereux pour l’homme sur le long terme. Ils sont interdits en France depuis 1987. Ces dérivés chlorés sont persistants dans l’environnement et peuvent s’accumuler dans la chaîne alimentaire, en particulier dans certains poissons de plusieurs cours d’eau français ».

Dioxines, furanes et PCB de type dioxine

Que sont les dioxines ?

Le terme de « dioxines » est un nom générique qui désigne deux grandes catégories de composés, les polychlorodibenzodioxines (PCDD) et les polychlorodibenzofuranes (PCDF) qui appartiennent à la famille des hydrocarbures aromatiques polycycliques chlorés (HAPC). Il existe 210 molécules identifiées appartenant à la famille des « dioxines ». Seules 17 d’entre elles, les plus toxiques, sont habituellement étudiées. La 2,3,7,8 tétrachlorodibenzodioxine ou TCDD ou encore « dioxine Seveso » est la plus toxique. Actuellement au niveau international, les 17 molécules sont dosées simultanément avec d’autres substances organiques persistantes, les polychlorobiphényles (PCB) précédemment présentées.
Ces molécules sont très stables chimiquement, peu biodégradables. Elles ne sont détruites qu’à très haute température. Elles sont très solubles dans les graisses, et peu solubles dans l’eau. Elles présentent donc un potentiel important d’accumulation dans les sols, les sédiments et les tissus organiques. Ainsi, leur dispersion dans l’environnement a lieu essentiellement sous forme de particules et non sous forme gazeuse.
Toutes ces propriétés expliquent leur tendance à s’accumuler le long des chaînes alimentaires pour arriver finalement jusqu’à l’homme. On parle de bio-accumulation.

Evaluation de l'exposition de la population française aux Dioxines, furanes et PCB de type dioxine

Selon l’Afssa, 28 % de la population a une exposition supérieure à la Dose Journalière Tolérable (DJT), rapportée à la vie entière. L’Agence précise que pour les dioxines pris isolément, la DJT n'est dépassée ni par les enfants ni par les adultes. Sauf que, malheureusement, les résultats de notre enquête montrent qu’évaluer l’impact des dioxines « isolément » parait être « léger » d’un point de vu scientifique au regard du cocktail de substances ingérées.

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Métaux lourds

La pollution métallique peut être due à différents métaux lourds comme le cadmium, le mercure ou le plomb. De multiples activités humaines en sont responsables. Cette pollution provient en effet essentiellement :

  • des rejets d’usines, notamment de tanneries (cadmium, chrome), de papeteries (mercure), d’usines de fabrication de chlore (mercure) et d’usines métallurgiques,
  • des épandages sur les sols agricoles d’oligo-éléments ou de boues résiduelles de stations d’épuration,
  • de l’utilisation de certains fongicides (mercure),
  • des retombées des poussières atmosphériques émises lors de l’incinération de déchets (mercure) ou de la combustion d’essence automobile (plomb),
  • du ruissellement des eaux de pluie sur les toitures et les routes (zinc, cuivre, plomb).

Cette pollution métallique pose un problème particulier, car les métaux ne sont pas biodégradables. En outre, tout au long de la chaîne alimentaire, certains se concentrent dans les organismes vivants. Ils peuvent ainsi atteindre des taux très élevés dans certaines espèces consommées par l’homme, comme les poissons. Cette " bio-accumulation " explique leur très forte toxicité.

Les substances en contact avec les aliments

Plastifiants

Phtalates

Les phtalates sont les plastifiants le plus communément utilisés dans le monde.  Ils forment une famille de substance chimique utilisée depuis environ 50 ans, principalement pour rendre le chlorure de polyvinyle (PVC) souple et flexible.
Le DEHP n’est plus classé cancérigène possible par le CIRC mais est encore classé cancérigène par l’EPA californienne.

Bisphénol A (BPA)

Le BPA est un plastifiant qu’on retrouve pour des usages non alimentaires (lunettes, CD, papier thermique etc.) et alimentaires (biberons, petit électroménager de cuisine, récipients plastiques pour micro-onde etc.). On le trouve dans les plastiques identifiés par le code de recyclage n°7 (PC) et, dans une moindre mesure n° 3 et 6.

Le Bisphenol A (BPA) agit comme un perturbateur endocrinien et serait impliqué dans des affections aussi variées que les problèmes de reproduction, l’obésité, les cancers du sein et de la prostate, le diabète, les dysfonctionnements thyroïdiens et les problèmes d’attention chez les enfants. L’exposition embryonnaire et en bas âge pourrait augmenter une prédisposition aux cancers en affectant la programmation génétique ou epigénétique du développement des individus, selon de récentes études scientifiques (voir www.reseau-environnement-sante.fr).

Retardateurs de flamme

PBDE

Les polybromodiphényléther (PBDE) sont une famille de 209 produits chimiques bromés différents, dont certains sont ou ont été utilisés pour ignifuger les produits plastiques et les textiles.
Trois PBDE ont connu un usage commercial :

  • le pentabromodiphényléther (5-BDE)
  • l’octabromodiphényléther (8-BDE)
  • le décabromodiphényléther (10-BDE)

Cette famille de composés est fortement et rapidement bioaccumulable. Les organismes aquatiques en contiennent nettement plus que les autres, avec une bioaccumulation importante

Composés perfluorés (PFC)

Les composés perfluorés (PFC) sont des produits chimiques synthétiques; le perfluorooctane sulfonate (PFOS), le perfluorooctanoate (PFOA) et le perfluorooctane sulfonamide (PFOSA) en font partie. Les PFC sont utilisés dans une vaste gamme de produits industriels et de consommation tels que les adhésifs, les cosmétiques, les produits de nettoyage et les mousses extinctrices. Les PFC sont aussi utilisés dans les agents hydrophobes, oléophobes et antitaches pour les tissus et le papier.
Les PFC se retrouvent dans les aliments de diverses façons. Les animaux et les plantes utilisés pour la production alimentaire peuvent bioaccumuler des composés perfluorés qui sont présents dans l'air, l'eau, le sol et, en ce qui a trait aux animaux, dans leur nourriture.
Santé Canada et la United Kingdom Food Standards Agency ont tous deux mené des enquêtes sur la présence de PFC dans les aliments. Les données indiquent que certains animaux utilisés pour la production alimentaire bioaccumulent et bioconcentrent les PFC, et que les plantes alimentaires peuvent également accumuler les PFC. L'éventail des aliments qui ont été soumis à l'enquête dans le cadre de l'étude canadienne sur l'alimentation tôtale (ÉAT) 1, 2 comprennent : les viandes, les poissons, les aliments de restauration rapide et les aliments préparés à même leur emballage. Une étude récente montre que les rivières européennes seraient contaminées à 97% par du PFOA et 94% par du PFOS.

L'exposition à certains PFC, en particulier au PFOS et au PFOA, a été associée à divers effets nocifs pour la santé chez les animaux de laboratoire, dont des atteintes aux fonctions immunitaires, hépatiques et thyroïdiennes. Selon les résultats obtenus lors de l'ÉAT de 2004 menée par la Division de la recherche sur les aliments de Santé Canada, au Canada, l'ingestion estimée de PFA (acides perfluorés) par la voie alimentaire était de 4,0 ng/kg pc/jour, soit une ingestion qui est d'environ six fois supérieure à celle des PFOSA détectés dans les échantillons provenant de la même ÉAT. Nous avons recherché ces composés dans un seul échantillon de poisson sans qu’ils soient mis en évidence par les analyses.


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Un glossaire se trouve à la fin de ce document

http://www.invs.sante.fr/surveillance/pcb/index.htm

http://www.invs.sante.fr/surveillance/dioxines/default.htm

http://www.afssa.fr/PN4401.htm

http://www.senat.fr/rap/l00-261/l00-261134.html

EU-wide survey of polar organic persistent pollutants in European river waters. Robert Loos et al. Environmental Pollution 157 (2009) 561–568

http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/securit/chem-chim/environ/pcf-cpa/qr-pcf-qa-fra.php


 

 

Cette enquête s'inscrit dans le cadre de notre campagne Environnement et Cancer menée avec HEAL en partenariat avec le RES et le WWF-France